Selon un article publié sur le site de l’Organisation Mondiale de la santé (OMS), 7 millions de décès prématurés dans le monde sont liés à la pollution de l’air. Bien avant la parution de cet article, une étude révélait que la capitale sénégalaise était la deuxième ville la plus polluée de l’Afrique, 28e dans le monde. Une raison suffisante pour les dakarois de s’inquiéter et de prendre des mesures.

DakarImage de: lifixew.com

Région très peuplée (+3 000 000 d’habitants, et +1 000 000 si l’on considère la ville uniquement), Dakar est bien connue pour son niveau de pollution, mais son classement au deuxième rang en Afrique en a surpris plus d’un. En effet, une étude du cabinet ESPERE révélée par le magazine Gouvernance du mois de Février dernier classe Dakar juste derrière la ville de Gaborone, au Botswana, en matière de pollution en Afrique. L’effet de surprise créé par ce classement peut très vite s’estomper si l’on regarde de plus près les causes de pollution avancées par l’étude. En effet, cette dernière souligne que les transports routiers, les combustions industrielles et l’incinération des déchets sont parmi les plus grands émetteurs de particules en suspension. Il faudra noter que concernant le transport, les émissions à partir du gasoil sont plus indexées. L’état du parc automobile ne contribue pas non plus à faciliter la tâche, vu que l’âge moyen des cars rapides à Dakar est de 28 ans. D’autres sources de pollution telles que l’utilisation du charbon de bois dans les ménages, sont aussi citées. Toujours dans la justification de la position de la région, l’étude souligne le fait qu’elle soit une ville enfermée « dans une structure urbaine densément construite et qu’il faut nécessairement traverser pour écouler sa marchandise ». Par ailleurs, on nous informe que « la quasi-totalité de l’énergie produite à Dakar est d’origine fossile ». A bien y réfléchir, on se rend finalement compte que la place que Dakar occupe à ce classement n’est pas surprenant.

En lieu et place de la surprise, l’inquiétude. L’OMS nous apprend que 7 millions de décès prématurés par an sont liés à la pollution de l’air. Il y a bien raison de se demander quelle proportion de ce chiffre est attribuée à la 28e région la plus polluée au monde. La situation est d’autant plus grave que Dakar semble être dans le statu quo total. De bonne initiatives telles que la mesure de la qualité de l’air ou encore la rénovation du centre de contrôle technique des véhicules ont été prises. Ces actes, qui constituaient un premier pas dans un long processus, n’ont malheureusement pas eu la suite escomptée. Par ailleurs, Dakar est complètement submergé par le ciment et le béton qui font son milieu. Les rares espaces pouvant servir de poumons verts de par leurs innombrables fonctions comme la séquestration du carbone sont en voie de disparition. Tandis que les sources de pollution augmentent dans la région, le peu d’initiatives pour atténuer leurs effets se voit étouffer dès les premiers jours. C’est une bien dramatique situation, dont peu de sénégalais ont conscience car…l’information ne passe pas.

Ramata

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