En 2003, les autorités du pays faisaient appel à des experts marocains pour résoudre un problème d’inondation dans la ville de Saint-Louis (Nord du Sénégal). La solution miracle de ces « savants » venus à la rescousse a été l’ouverture d’une brèche de 4 mètres de large, en guise de canal de délestage, sur la Langue de Barbarie. Malheureusement, cette ouverture s’est vite élargie, causant des catastrophes sur le plan humain, matériel et écologique. Des villages entiers sont voués à la disparition et de nombreux pêcheurs ont perdu leur vie en voulant emprunter la brèche pour passer du fleuve à la mer, considérant cette voie comme un raccourci par rapport à celle de l’embouchure. (Voir plus d’explications ici). Les principales reproches faites aux autorités ont été de ne pas avoir consulté les populations locales au préalable et de ne pas avoir recouru aux connaissances des experts du pays.

11 ans plus tard, le Président Macky Sall annonce, à l’occasion de sa tournée économique dans le Nord, que des experts néerlandais sont attendus le 10 Novembre pour qu’ils voient comment apporter solution à ce problème qui ne cesse d’accroitre. Même si le Président Sall a aussi tenu à rassurer que les chercheurs et experts locaux seront mis à contribution, la question reste entière. Ce qu’il faut se demander, c’est pourquoi nos chercheurs et experts ne sont-ils pas entièrement responsabilisés sur des problèmes aussi cruciaux. Faut-il obligatoirement un groupe étranger qui vienne travailler seul ou superviser des équipes locales sur des problèmes plus connus par nous que par eux?

A moins que le travail de cette équipe néerlandaise ne se fasse de façon totalement intégrée avec une équipe d’experts sénégalais et, bien-sur, avec la population locale, les catastrophes causées par la brèche risquent de rester intactes, à défaut de se multiplier.

Ramata.

[Image de ndarinfo.com]

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